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Jean-Luc Ettori avait connu le même type d’incidents à Bastia, en 1994, alors qu’il entraînait Monaco, que ceux subis par Lyon ce dimanche. Ce qui a particulièrement touché l’ancien gardien corse.

Football - Ligue 1 - Jean-Luc Ettori est atterré par les incidents survenus lors de Bastia-Lyon. (F. Golesi/L'Equipe)

Jean-Luc Ettori est atterré par les incidents survenus lors de Bastia-Lyon. (F. Golesi/L’Equipe)

Alors que le match Bastia-Lyon a été arrêté suite à une série de débordements, ce dimanche, ce n’est pas la première fois que de tels incidents se produisent à Furiani. Le 26 novembre 1994, le match entre Bastia et Monaco avait ainsi été interrompu pendant vingt-huit minutes. «Des dizaines d’excités ont envahi le terrain et les arbitres ont été molestés», relatait notamment L’Équipe. Des joueurs de l’ASM, dont Claude Puel, avaient également été frappés par des spectateurs entrés sur la pelouse à la fin de la première période.

Éric Di Meco avait ensuite eu le nez cassé sur un coup de tête du joueur bastiais Laurent Moracchini. La rencontre était finalement allée à son terme (2-2) mais le club corse avait ensuite eu match perdu sur tapis vert (0-2) devant la commission de discipline (et deux matches à jouer sur terrain neutre, dont un avec sursis). En 1989, déjà, un match de D2 contre Dijon avait donné lieu à des incidents similaires : l’arbitre et des joueurs dijonnais avaient été frappés par des spectateurs, entrés sur la pelouse après l’égalisation du DFCO. Bastia avait ensuite joué trois rencontres sur terrain neutre.

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En 1994, Jean-Luc Ettori, l’ancien gardien international, était l’entraîneur de l’ASM. Il n’a rien oublié des incidents de Furiani. «Ç’a avait été très chaud. C’était même très, très compliqué avec le nez cassé de Di Meco, certains joueurs étaient très énervés. Mais on avait quand même été au bout, alors qu’à la mi-temps il y avait eu de graves problèmes… Il avait d’ailleurs été question d’arrêter à la pause alors qu’on menait de deux buts.»

«Ce qui est terrible, c’est de penser que nous donnons raison aux gens qui parlent mal des Corses»

Ce qui s’est passé, ce dimanche, a ravivé ces mauvais souvenirs. «La bêtise est partout, regrette Etorri. Je suis corse et je suis fier de l’être mais c’est inacceptable !» Il répète à plusieurs reprises sa fierté d’être corse pour mieux dénoncer ces agissements. «Je crois que le club de Bastia aura du mal à s’en remettre. L’orgueil mal placé, voilà où ça peut mener. Mais que veulent-ils ? Ils en veulent aux dirigeants soi-disant… Ils disent porter le club dans leur cœur, alors qu’ils le condamnent.»

À l’époque, Ettori avait aussi été attaqué par des supporters pour son appartenance à Monaco. «J’ai eu droit à tout, qu’ils allaient faire sauter ma maison… Ce genre de supporters parlent beaucoup mais il ne faut pas avoir peur, car, à l’arrivée, il n’y a rien. Je leur avais dit : « Venez au village, vous serez reçu par la famille Ettori… »»

On évoque le rôle des stadiers dans la bagarre, il glisse : «Nous aussi à l’époque, ça s’était produit. Mais je ne peux pas imaginer des dirigeants dire à des stadiers de faire ça (laisser passer des supporters). Ce qui est terrible, c’est de penser que nous donnons raison aux gens qui parlent mal des Corses. On ne devrait pas voir ça sur un terrain. Ce n’est pas l’image de la Corse. Mais, là, on donne le bâton pour se faire battre. C’est affligeant. Et on ne peut rien dire pour se défendre. Ces gens qui se disent amoureux de Bastia feraient mieux de rester chez eux. Ils viennent de tuer le club…»

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