BENOIT DONCKELE

Il est des réveils plus difficiles que les autres. Ou quand les images repassent en boucle sans qu’il ne soit possible d’accepter la défaite, quand la frustration est aussi forte que la tête est lourde. Mais pour se réveiller, encore faut-il s’être endormi. Et ce sommeil, dans la nuit de samedi à dimanche, quelques-uns des acteurs havrais de ce duel en terre brestoise ont peiné à le trouver. « C’est vrai, je n’ai pas réussi à m’endormir », confie Issam Chebake. Le latéral droit a ainsi refait le match dans sa tête durant de longues minutes, avant de se poser devant l’écran plat, quitte à se faire mal.

« J’avais enregistré le match et en le regardant, ça m’a encore plus énervé. Revoir cette première mi-temps et se dire qu’on n’a pas pu concrétiser notre nette domination, c’est frustrant, rageant. On les a bougés, bousculés, privés de ballon. Brest n’est pas habitué à subir de la sorte, mais à l’arrivée… » A l’arrivée, c’est Brest, aidé par le malheureux Thomas Ayasse, qui a débloqué le tableau d’affichage (1-0, 32e), Brest qui a doublé la mise dans les dix dernières minutes (2-0, 82e).

« Ce match, nous aurions dû le gagner 3-2, note Chebake. C’est un peu comme à Reims (NDLR : défaite 1-0, 13e journée). Nous sommes au-dessus, largement au-dessus même, et on repart sans rien. Mais une démonstration collective, parce que parfois, c’était une vraie démonstration, ne sert pas à grand-chose si on n’y met pas l’efficacité. » Des situations, des opportunités, des occasions, il y en eut effectivement. Beaucoup même. Tout comme il y eut nombre de centres, de frappes. Mais rien ne put faire basculer le match en faveur du HAC. Rien ne put permettre aux Ciel et Marine de signer un premier succès face à l’un des six premiers du classement, six formations (Brest, Amiens, Reims, Lens, Troyes, Strasbourg) face auxquelles il y eut à ce stade de la saison vingt et un points à prendre, pour seulement deux d’empocher (nul face à Brest et Amiens lors de la phase aller).

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Chebake : « On a retrouvé notre jeu »

« Dans l’efficacité, Brest a démontré qu’il était bel et bien le leader du championnat. Maintenant, même si on reste très énervés, il ne faut surtout pas baisser la tête, prévient le Franco-Marocain. On a retrouvé notre jeu, on prouve qu’on peut effectuer un pressing haut et cohérent, on démontre qu’on a aujourd’hui l’agressivité nécessaire. Reste à faire preuve
de plus de justesse dans les trente derniers
mètres.
 »

Le HAC, dont le 4-2-3-1 offre une véritable identité de jeu, se doit donc d’insister. Le regain de forme, certes peu visible si on se réfère au seul classement, ne doit pas faire débat. Il est incontestable. « Face à un adversaire de qualité et qui a joué sans retenue, on a subi tout le match », déclarait d’ailleurs Jean-Marc Furlan, l’entraîneur du Stade Brestois. Douzième à douze échéances du baisser de rideau, cette barre placée un peu plus haut en termes de jeu devrait ainsi permettre au club doyen de poursuivre la saison sans trembler. Mais sans rêver non plus.

« On ne va pas se mentir, avoue Chebake. Finir dans les trois premiers paraît aujourd’hui difficile. Mais il ne faut pas y penser. On a des couleurs à défendre, une image du club à rendre belle et des supporters qui méritent que nous nous battions pour eux. Ce sont des paramètres sur lesquels il faut s’appuyer pour aller de l’avant. Et on verra bien jusqu’où on peut aller. » Dans un premier temps, c’est vers la réception d’Auxerre qu’il s’agit de se tourner, cette AJA dirigée par Cédric Daury et dont le rythme du moment a de quoi inspirer la prudence. Zacharie Boucher et les siens, tout frais sortis de la zone rouge, viennent en effet, coup sur coup, de faire chuter Sochaux (1-0), Brest (3-1) et l’AC Ajaccio (1-0).

Tanchot : « A fond jusqu’au bout »

S’il sait que les chances d’accession sont aujourd’hui quasiment réduites à néant, Oswald Tanchot n’entend bien évidemment pas galvauder les échéances qu’il reste à consommer.

À la sortie de cette 26e journée et de cette neuvième défaite de la saison, n’avez-vous pas la tentation de basculer d’ores et déjà sur la préparation de l’exercice 2017-2018 ?

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Oswald Tanchot : « J’ai une vision des choses à court et moyen terme. Mais aujourd’hui, c’est le court terme qui prime. Il y a une saison à finir et je veux qu’on la joue à fond jusqu’au bout. »

Parce que c’est malgré tout le meilleur moyen de préparer la prochaine ?

« C’est une chose à prendre en compte, mais ce n’est pas le plus important. Actuellement, c’est notre montée en régime, en termes de jeu, qui est à mes yeux la chose sur laquelle il faut se focaliser. Samedi à Brest, le contenu m’a vraiment plus pendant une heure, même s’il nous aurait fallu être plus justes, plus efficaces. Mais on a joué haut, on a très vite pressé à la récupération, c’est ça la philo-
sophie de jeu dont je veux que les joueurs s’imprègnent. Et ça prend forme. »

Trois fois le même « onze », trois fois le même schéma
(4-2-3-1)… Est-ce à dire que les absents pourraient avoir tort encore longtemps
 ?

« Disons qu’il y a actuellement une équipe qui a trouvé une vraie dynamique de jeu, même si on a bien évidemment besoin de progresser. Alors bien évidemment, la concurrence se durcit. »

Samedi à Brest, Ebenezer Assifuah a effectué ses débuts avec le HAC lors du dernier quart d’heure. À quand ses
premiers galons de titulaire
 ?

« Il va falloir être patient. Il sort d’un mois de CAN pendant lequel il ne s’est pas beaucoup entraîné, du moins pas autant qu’en club, et il manque logiquement de rythme. Laissons-lui le temps de s’intégrer, de s’habituer aux principes de jeu. Mais je ne fais pas de souci pour lui. Il a déjà démontré qu’il avait un super état d’esprit et que le travail ne lui faisait pas peur. »

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