BENOIT DONCKELE

Ça tangue, ça se secoue, mais ça ne chavire pas. Du moins pas encore. Car à la barre, le président Vincent Volpe n’a aucunement l’intention de prendre un ou deux ris, ni même de se mettre à l’abri le long des côtés dans l’attente de conditions plus clémentes. Et force est de reconnaître que le successeur de Jean-Pierre Louvel, en place depuis l’été 2015, n’est plus dans la peau de celui qui tente de vendre du rêve. Et s’il ne l’avait pas communiquée publiquement jusqu’alors, son humeur mauvaise, quant aux résultats et au classement qui en découle, est cette fois connue de tous.

« Je suis en colère, très en colère, lâcha-t-il d’emblée, hier lors d’un point presse de fin de mercato d’hiver. Même si le mot en fort, les joueurs savent qu’ils ont trahi le projet. On sait tous de quoi ils sont capables. Alors je leur demande, je leur ai déjà demandé même, de respecter Le Havre, le HAC et cette idée qu’on doit se faire d’un club qui représente une ville, mais également une région. Ce sont des pros, avec des salaires élevés et de lourdes responsabilités qu’il leur faut assumer. Et la série en cours est inacceptable. »

Certes contenue, car il n’est pas homme à « dégoupiller » face aux médias, l’ire du boss est aujourd’hui à la mesure de ce qui s’apparente, de plus en plus, à un gâchis monumental. Échec annoncé, sauf miracle, que le mercato d’hiver, via ses opportunités, aurait pu amortir, adoucir. Mais le mois de janvier n’aura guère permis au HAC de modifier sensiblement son effectif. Un seul joueur s’est ainsi engagé en faveur du club doyen, l’attaquant ghanéen Ebenezer Assifuah, dont les débuts pourraient avoir lieu le 10 février, lors de la réception de Bourg-en-Bresse. Assifuah donc, et personne d’autre. « On a pourtant travaillé très tard hier soir (NDLR : lire mardi soir, avant la fermeture du mercato), assure Christophe Revault. On avait encore plusieurs dossiers ouverts. Mais encore une fois, l’idée était de renforcer l’équipe et pour cela, on a tapé haut, mais on s’est heurté à une concurrence venue de Ligue 1 et de l’étranger. »

Denis Troch
à la rescousse !

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Dans le sens inverse, seuls Tarik Tissoudali (SC Cambuur, P-B, L2) et Mana Dembélé (Laval) ont quitté les bords de la Manche, sous forme de prêt. Alors, puisqu’il reviendra à l’unique Assifuah d’injecter de la puissance, de la percussion et de l’efficacité offensive, les dirigeants havrais ont décidé de soigner les têtes des joueurs en place et d’en appeler à un ancien de la maison, reconverti depuis huit ans dans la préparation mentale : Denis Troch, coach du Havre AC de l’été 1997 à l’automne 1998.

« Au lendemain de la dernière journée de l’année 2016 (défaite face à Tours au Stade Océane), on a fait une analyse précise de la situation et sur les manques qu’il y avait à combler, explique Volpe. Et au cours de celle-ci, il est apparu le besoin de nous appuyer sur l’expertise d’un œil extérieur au club, sur le savoir-faire d’un préparateur mental. C’est pour cela que Denis Troch nous a rejoints dès aujourd’hui (lire hier). »

Troch, auquel nous consacrerons un sujet plus détaillé dans une prochaine édition, se penchera ainsi au chevet d’un groupe à la fragilité psychologique qui ne cesse d’être de plus en plus flagrante. Lui qui travaille déjà, et ce depuis des années, au contact des athlètes et des équipes de haut, voire de très haut niveau, comme l’est en rugby l’ASM Clermont Auvergne, l’un des cadors du Top 14, ou en cyclisme la FDJ. À raison d’une fois par semaine, en moyenne, l’ancien entraîneur, celui qui était notamment parvenu à hisser Amiens, alors en National, en finale de la Coupe de France (2001), viendra donc en aide à ceux qui en ressentiront le besoin. « Je suis là pour leur offrir des outils afin qu’ils puissent avancer. Mais je ne leur imposerai rien. Je serai à leur écoute et à leur disposition s’ils estiment que c’est nécessaire. » En l’état, les Ciel et Marine, sevrés de succès depuis trois mois, présentent tous le profil du « patient » idéal.

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