Le Nivernais Pierre Gaillouste est arbitre en Ligue 2 depuis cette année. Une étape de plus dans sa jeune carrière linéaire.

Qui se souviendra, dans dix ans, de ce Niort-Laval, disputé le 13 janvier 2017?? Pierre Gaillouste, peut-être. Certainement, même. Ce jour-là, ce Nivernais d’adoption, 27 ans, officiait pour la première fois sur un match de Ligue 2, en tant qu’arbitre principal. Dix-huit mois après ses débuts en National. « J’ai bénéficié d’une promotion accélérée à mi-saison. »

Le natif d’Agen, qui a grandi dans la Nièvre, avait déjà eu l’occasion de goûter au monde professionnel. Mais en tant que quatrième arbitre. « Une manière de prendre la mesure de l’environnement. » Cette fois, Pierre Gaillouste, licencié à l’ASA Vauzelles, était au cœur de jeu, sous les projecteurs des caméras.

Salarié dans une banque à Lyon

Mais pas de quoi s’enflammer. « Ce qui m’intéresse, c’est de confirmer en Ligue 2. » Comme pourrait le dire un joueur professionnel, que n’a pas été Pierre Gaillouste. « J’étais parti à Lorient, pour effectuer des tests. Mais c’est dur de vouloir percer tout en continuant les études. »

Analyste crédit chez BNP Paribas, à Lyon, ce Neversois (« Nevers, c’est toute ma vie?! ») a trouvé le temps d’arbitrer quarante-neuf matches en 2016. « J’ai un employeur conciliant, avec un planning aménagé, à 80 %. Cela me permet de partir la veille d’un match, de revenir le lendemain », comme imposé par les instances de l’arbitrage. « Quand on a des matches en semaine, je prends des congés. Il y en a qui prennent des jours pour voir leur famille?; moi c’est pour arbitrer?! »

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Le sifflet, « c’est une école de la vie. C’est ce qui m’a permis d’évoluer en tant qu’homme. On touche au management, à la communication. » C’est aussi un sport. « On s’entraîne autant que les joueurs. Je travaille avec un préparateur physique, avec un kinésithérapeute et un osthéopate. Il y a aussi une préparation médicale ».

Anticiper chaque rencontre, sans a priori.

Et mentale. « On a tous les matches de Ligue 2 sur une plateforme vidéo pour pouvoir les analyser. L’idée, c’est de pouvoir anticiper le plus justement possible, en n’ayant aucun a priori. » La connaissance du jeu et de ses acteurs lui permet également d’adapter son comportement. « On ne communique pas avec un jeune de 18-20 ans comme avec un entraîneur ou la star d’une équipe. »

Un souvenir de finale Gambardella au Stade de France

Pierre Gaillouste sait rester objectif. « Je ne suis pas fan d’une équipe, ni d’un joueur. La passion du football n’a pas d’impact sur mes émotions. » Mais sur ses souvenirs. Parmi les meilleurs : « Une finale de coupe Gambardella au Stade de France, entre Saint-Étienne et Nice, avant la finale de la Coupe de France opposant Quevilly et Lyon ». Il n’était alors que quatrième arbitre, mais dans un stade mythique.

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Le jeune arbitre devrait avoir tout le loisir de découvrir d’autres enceintes. Sans oublier d’où il vient. « Si j’ai un jour la possibilité d’arbitrer en District dans la Nièvre, je le ferai. C’est là que tout a commencé pour moi, lors d’un match de moins de 15 ans. »

Exposé, le jeune arbitre est devenu, de fait, un ambassadeur de l’arbitrage. Pour tous les jeunes Nivernais qui, comme lui, songeraient à prendre le sifflet. « Mon petit frère Antoine s’est lancé dans l’arbitrage… » 

Owen Gourdin

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