La situation financière des clubs français de football semble s’améliorer. Mais miser en Bourse sur un club de football demeure un pari très risqué.

Au moment ou des dizaines de millions d’euros se déversent chaque année dans le football, les bénéfices des clubs atteignent difficilement les quelques millions d’euros. Preuve qu’il est parfois difficile de faire de bonnes affaires, même en football.
 
Chaque année, la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) passe au peigne fin les comptes des clubs professionnels français. Pour la première fois depuis sept ans, le football français a réussi à assainir ses finances.

Sur la saison 2015-2016, le résultat net cumulé des 40 clubs de football (Ligue 1 et Ligue 2) est excédentaire de 3 millions d’euros. Pour rappel, la perte nette atteignait 67 millions, lors de l’exercice précédent.

La Ligue 1, c’est-à-dire les vingt clubs de l’élite, fait encore mieux avec un bénéfice net cumulé de 20,4 millions d’euros, contre un déficit net de 56 millions d’euros, l’an dernier. Dans le détail, c’est le PSG qui a engrangé le plus de profits avec 10,3 millions d’euros. En revanche, Toulouse (-1,8 million), Rennes (-2,7 millions), Bordeaux (-5,4 millions) et surtout Lille (-17,8 millions) ont vraiment souffert. Au total, treize clubs sur vingt gagnent de l’argent.

Les bénéfices du mercato

Tandis que les recettes de la billetterie des clubs de football ont connu une légère baisse, les droits TV et les recettes de sponsoring ont progressé respectivement de 4,4% et 5,9% lors de la saison 2015-2016. Cependant, cette tendance favorable ne suffit pas à équilibrer les comptes.

Les clubs de Ligue 1 ont surtout profité des plus-values engrangées sur le marché des transferts (vente de joueurs), le fameux mercato. Ces opérations ont rapporté près de 381 millions d’euros aux clubs, soit une progression exponentielle de 98% par rapport à la saison dernière.

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À noter que le solde -c’est-à-dire le montant perçu par les clubs de Ligue 1 retraité des achats de joueurs- s’est révélé positif de 147,2 millions d’euros. Par exemple, lors de la saison 2015-2016, l’AS Monaco a bénéficié des 91,1 millions d’euros de recettes issues des transferts pour arriver tout juste à l’équilibre (-10 000 euros).

Ces transferts de joueurs s’expliquent principalement par la forte hausse des droits TV en Angleterre, ce qui a mécaniquement enrichi tous les clubs de la Ligue anglaise. Ces derniers n’hésitent plus à dépenser des montants colossaux pour s’offrir des joueurs du championnat de France. Des sommes qui permettent de combler certains déficits…

Un PSG sous perfusion

L’exemple du PSG est particulier. Hors transfert, son chiffre d’affaires global s’élève à 542 millions d’euros. Les droits audiovisuels représentent 23,9% des revenus du club parisien. Environ 27% des ventes proviennent du sponsor et seulement 8% des recettes de la billetterie. Sa richesse, le PSG la doit en fait à 46% de la dotation du Qatar et du merchandising. C’est une situation fragile qui révèle sa dépendance à l’égard de son actionnaire principal.

Au total, le PSG totalise à lui tout seul plus d’un tiers des revenus de la Ligue 1, soit autant que les quinze plus petits clubs réunis. Selon une étude de KPMG, le club de la capitale occuperait la dixième place des clubs européens les plus riches avec une valeur estimée à 843 millions d’euros, loin derrière le Real de Madrid (2,9 milliards d’euros) et Manchester United (2,9 milliards d’euros). Normal : dans le domaine des droits TV et de la billetterie, le club de la capitale a encore beaucoup de retard par rapport à ses concurrents européens.

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Bourse et football font rarement bon ménage

Faut-il pour autant investir dans un club de football coté en Bourse ? A priori non. La difficulté tient à un modèle économique trop dépendant des résultats sportifs. L’exemple d’OL Groupe, seul club de football coté à la Bourse de Paris, illustre ce constat.

À partir de 2008, s’ouvre une période de déclin pour le club rhodanien. L’OL n’est plus champion de France et le club et ne parvient pas à se qualifier pour jouer la Ligue des champions -sauf l’an dernier-, ce qui a limité considérablement ses rentrées d’argent.

Le cours de Bourse d’OL Groupe touche alors un plus-bas historique, le 8 avril 2013, à 1,68 euro, soit une chute impressionnante de 93% depuis l’introduction en Bourse, le 9 février 2007, à 24 euros.

Échec sportif, échec boursier

Depuis un an, l’action est cependant sortie des oubliettes. C’est le reflet d’un afflux de recettes grâce au bon parcours du club, la saison dernière. La deuxième place au championnat de France en 2016 a, en effet, rapporté 42 millions d’euros et la participation à la Ligue des Champions, 39,5 millions d’euros.

Après six années consécutives de pertes, l’entreprise dirigée par Jean-Michel Aulas a, enfin, dégagé un bénéfice net de 9,8 millions d’euros.

En Bourse, l’action a rebondi de 30% sur un an. Mais la probable non qualification pour la prochaine Ligue des champions -l’Olympique Lyonnais est actuellement quatrième du championnat de France- risque à nouveau de grever les comptes, l’an prochain. À moins que plusieurs plus-values significatives tirées de la vente de joueurs emblématiques n’arrangent les affaires du club. Mais là aussi, l’incertitude prévaut.

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