Le jeu : Guardiola, quelle audace !

Sur le papier, le schéma de jeu de Guardiola semblait pour le moins audacieux. Pour ne pas dire suicidaire. Parce qu’affronter la meilleure attaque d’Europe en alignant cinq joueurs à vocation très offensive (David Silva, De Bruyne, Sterling, Sané et Agüero), un récupérateur franchement créatif (Yaya Touré) et un milieu défensif au poste d’arrière gauche (Fernandinho), c’était une stratégie extrêmement risquée. Et Monaco en a profité pendant une heure. Grâce à un pressing haut qui lui a permis d’exploiter les limites de Caballero dans la relance, en particulier sur le premier but. Et grâce à ses qualités en contre-attaque qui lui ont permis d’inscrire le deuxième et le troisième.

Manchester City manager Pep Guardiola and Monaco's Benjamin Mendy.

Manchester City manager Pep Guardiola and Monaco’s Benjamin Mendy.Eurosport

Mais c’est bien l’ASM qui a fini par céder. Parce que City a imposé un rythme d’enfer par sa qualité dans la circulation du ballon, par la vitesse de ses attaquants et par l’intensité de son pressing. Et ce jeu totalement porté vers l’offensive a payé de manière éclatante dans la dernière demi-heure. Monaco s’est épuisé et a commis des erreurs. Guardiola avait aussi très bien ciblé les lacunes monégasques sur les coups de pied arrêtés. Les deux buts sur corner en l’espace de cinq minutes en sont la preuve. « Pep » avait parfaitement préparé ce match. Son audace a été récompensée. Et elle a largement contribué à faire de ce match ultra-spectaculaire une rencontre inoubliable.

Les joueurs : Agüero a surgi au bon moment

Avant le coup d’envoi, Sergio Agüero n’avait plus marqué depuis 522 minutes dans un match de tour à élimination directe de Ligue des champions. L’Argentin a choisi la venue de Monaco pour mettre fin à cette disette. Son doublé et sa passe décisive ont fait plier Monaco en seconde période. La vitesse de Leroy Sané et Raheem Sterling a fait très mal à la défense monégasque, comme la vista de Kevin de Bruyne et de David Silva. Willy Caballero a mis son équipe en danger sur ses relances et ça a coûté un but aux Mancuniens. Mais ses parades en seconde période, notamment sur le penalty et l’occasion en fin de match de Radamael Falcao, ont été déterminantes. Et elles ont masqué en partie la faiblesse de la défense de City, incarnée par Nicolas Otamendi.

La joie de Sergio Agüero et Kevin De Bruyne (Manchester City) contre Fabinho et Monaco

La joie de Sergio Agüero et Kevin De Bruyne (Manchester City) contre Fabinho et MonacoAFP

A Monaco aussi, les attaquants se sont illustrés. Falcao, malgré son penalty manqué, a inscrit un doublé et abattu un travail remarquable, tandis que Kylian Mbappé a lui aussi trouvé les filets et pesé par sa vitesse. Une première prometteuse en C1 pour le gamin de 18 ans. Si Bernardo Silva a encore signé une prestation de grande classe, si Fabinho a été performant comme à son habitude, Thomas Lemar a en revanche déçu. Mais c’est bien la défense qui a précipité la chute de Monaco. Benjamin Mendy, Djibril Sidibé et Andrea Raggi notamment. Mais aussi Danijel Subasic. D’ordinaire si fiable, le portier croate a contribué bien involontairement à la réaction mancunienne avec sa faute de main sur le premier but d’Agüero, qui a permis à City de recoller à 2-2.

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Le facteur X : La seule fausse note de Falcao

Difficile de dégager un tournant dans un match avec autant de rebondissements. On aurait pu citer le penalty que City aurait pu avoir en première période avec un contact litigieux entre Agüero et Subasic. Ou la faute de main du gardien monégasque. On a choisi l’échec de Falcao sur penalty, à 2-1 pour l’ASM. Parce qu’il est vraiment très mal tiré. Et surtout parce qu’il aurait permis à Monaco de faire le break. Et cela aurait certainement jeté plus de doutes dans les têtes des joueurs de City, qui n’ont pas eu à affronter la situation délicate d’avoir deux buts de retard. La seule fausse note du Colombien, qui s’est d’ailleurs racheté en redonnant l’avantage à l’ASM après l’égalisation de City.

Le penalty manqué par Falcao face à City

Le penalty manqué par Falcao face à CityPanoramic

La stat : 5

Falcao n’est pas le premier à manquer un penalty contre Manchester City en Ligue des champions. Zlatan Ibrahimovic avait lui aussi échoué dans cet exercice face au club anglais en quart de finale aller, la saison passée. Les gardiens mancuniens sont d’ailleurs très à l’aise sur penalty en C1. Les cinq derniers tirés contre les Citizens dans cette compétition ont tous été manqués.

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Le tweet plein d’avenir

La décla : Vadim Vasilyev (vice-président de Monaco)

«  Je suis sûr que c’est encore possible. On a une grande équipe, qui marque tant de buts« 

La question : Monaco peut-il encore croire en une qualification pour les quarts ?

Statistiquement, l’ASM a 40% de chances de se qualifier après cette défaite 5-3 à l’aller. Les Monégasques peuvent donc garder espoir, surtout grâce aux trois buts marqués à l’extérieur. Mais il faudra quand même s’imposer par deux buts d’écart face à City. L’ASM a prouvé qu’elle était capable de marquer cette saison. A la limite, ce n’est pas vraiment le problème. Le souci, c’est qu’elle a étalé ses limites au grand jour à l’Etihad Stadium.

Si l’audace de Guardiola doit être soulignée, tant son plan de mettre toutes ses forces en attaque a fonctionné, il est impossible de ne pas évoquer les lacunes monégasques, tant elles ont été criantes à Manchester. D’abord ses largesses défensives et en particulier sur les coups de pied arrêtés. Le mal est trop récurrent ces derniers temps pour passer inaperçu. Et la suspension de Glik, le meilleur défenseur de l’ASM, pour le match retour, ne va certainement pas arranger les choses.

Mais il y a aussi eu une faillite collective, physique et mentale. Une incapacité à se remobiliser quand les choses ont mal tourné, un peu à l’image de ce que les Monégasques ont vécu lors de leur défaite face à Lyon au mois de décembre (1-3). Monaco n’y était plus dans les vingt dernières minutes et a été sanctionné avec les trois buts encaissés en moins d’un quart d’heure. C’est le genre de défaut rédhibitoire en Ligue des champions. Et qu’il faudra impérativement corriger pour espérer l’exploit le 15 mars sur le Rocher.

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